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Doc FX – Interview d’un soignant engagé pour une information fiable et accessible

Le docteur François-Xavier Moronval est médecin urgentiste au Centre Hospitalier Emile Durkheim à Epinal. Sous le pseudo Doc FX, il a créé une chaîne Youtube de vulgarisation médicale. Son but : faire connaître le fonctionnement des services d’urgence et les métiers du secours, sensibiliser, expliquer, et transmettre les gestes qui sauvent. Interview d’un soignant engagé pour une information fiable et accessible au plus grand nombre.

Récemment, François-Xavier Moronval a réalisé, sous le pseudo Doc FX, une vidéo de vulgarisation sur la médiation en santé avec Claire Tantet, médecin infectiologue à l’hôpital Bichat Claude-Bernard et à l’hôpital Avicenne. Il nous parle aujourd’hui de son rôle de sensibilisation auprès du plus grand nombre.

Pourquoi et comment vous êtes-vous lancé sur les réseaux sociaux ?

Je suis urgentiste, spécialiste en médecine de catastrophe mais aussi responsable pédagogique du Centre d’Enseignement des Soins d’Urgence des Vosges, rattaché au SAMU 88. Je suis un passionné de pédagogie.

Au départ, je me suis lancé sur Twitter parce que je trouvais le réseau intéressant pour partager des retours d’expérience avec des confrères sur nos pratiques en tant que médecin. Avec le Covid, on a vu émerger un besoin énorme d’information en matière de santé. Mon compte a grossi au fil du temps et j’avais envie de prendre le temps de développer certains sujets. Or Twitter ne permettait pas cela.

François-Xavier Moronval, urgentiste et Youtubeur

Étant aussi passionné de communication, en m’intéressant au sujet, je me suis rendu compte de l’importance de Youtube. Utilisé comme un véritable moteur de recherche, c’est le deuxième site le plus consulté au monde après Google. J’ai cherché les contenus existants sur les premiers secours et j’ai constaté qu’il y avait un manque. J’ai donc créé ma chaîne pour y publier des vidéos de vulgarisation que je partage également sur les réseaux sociaux. Mon but aujourd’hui est d’informer, sensibiliser et répondre aux questions que le grand public peut se poser, avec des messages simples, en 10-15 minutes maximum.

Comment choisissez-vous les thématiques de vos vidéos ?

Pour commencer, je ne m’exprime que sur des sujets que je maîtrise. Si je fais une vidéo, il faut que je sois sûr de mon contenu. Et si j’ai besoin de l’éclairage d’un spécialiste, je fais intervenir un autre soignant, en fonction de la thématique. J’alterne les vidéos tournées à la maison et en immersion à l’hôpital.

Pour le choix des sujets, il y a tous ceux qui sont indispensables quand on traite des urgences, comme par exemple les gestes qui sauvent, la position latérale de sécurité, comment faire un massage cardiaque en attendant les secours, la prévention sur les accidents domestiques… Je fais aussi découvrir les métiers des premiers secours, celui d’ambulancier par exemple. Et puis je tiens à traiter des sujets qui feront peut-être moins d’audience mais qui sont importants. J’ai par exemple fait récemment une vidéo sur la prise en charge des personnes sourdes aux urgences. Mon but étant que les internautes qui cherchent ces sujets trouvent des réponses de qualité.

Que vous a appris la vidéo sur la médiation en santé et que pensez-vous du Prix de la Fondation MNH ?

Ce concept était nouveau pour moi. Il est pourtant intéressant à connaître, aussi bien pour les personnes qui en bénéficient que pour les hospitaliers. D’ailleurs, aux urgences comme ailleurs, il y a des choses que l’ont fait et qui relèvent des principes de médiation en santé sans qu’on le sache. Nous sommes habitués à devoir trouver des solutions pour tout car les urgences sont souvent le dernier recours, notamment pour les personnes en situation de vulnérabilité. Beaucoup de patients sont redirigés vers nous faute d’autre prise en charge. Nous sommes tellement débordés que malheureusement nous n’avons pas le temps d’échanger beaucoup entre nous sur les initiatives des uns et des autres. Alors si le Prix de la Fondation MNH peut permettre de faire remonter des initiatives de médiation en santé et leur faire bénéficier d’un coup de projecteur, c’est une excellente chose.

 

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Comment voyez-vous votre rôle de YouTubeur ?

Je suis le seul urgentiste sur Youtube. Mon rôle est de vulgariser pour que les gens intègrent les messages et se les approprient. Si quelqu’un voit ma vidéo sur le massage cardiaque, enregistre les infos et n’a pas peur d’agir en attendant les secours le jour où il est confronté à une situation d’urgence, alors j’ai gagné.

Ma motivation, c’est aussi de lutter contre la désinformation en ligne. Il y a différentes façons de s’y prendre et j’ai choisi de le faire en délivrant des messages fiables, là où les internautes vont chercher du contenu. C’est pour moi une mission de santé publique. Grâce à Youtube, on touche notamment les plus jeunes. Et contrairement à ce que l’on pourrait croire, ils sont tout à fait disposés à regarder des vidéos qui prennent le temps d’expliquer. Youtube est un très bon moyen de les sensibiliser.

Il faut savoir que depuis la pandémie de Covid-19, les internautes recherchent trois fois plus d’informations médicales qu’avant. Face au besoin, Youtube a d’ailleurs décidé de créer un label qualité pour les chaînes de médecins et infirmiers pour lutter contre la désinformation. Je suis très fier d’avoir obtenu ce label.

Nous sommes peu de médecins à créer du contenu grand public sur internet. C’est très chronophage et bien entendu c’est à perte financièrement, nous ne sommes pas des influenceurs rémunérés par des partenariats. Mais on le fait par passion. Mon seul but est de toucher le plus grand nombre d’internautes, parce que je pense que c’est utile.

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