TMS : prévalence et facteurs de risque des troubles musculosquelettiques chez les soignants
Idées clés
Domaine d'action
- La santé des professionnels de santé
Type de projet
Recherche universitaire
Durée de la recherche
1 an
Population cible
Soignants salariés en France, classés en 6 grandes familles professionnelles : médecins/dentistes/pharmaciens - infirmiers - professions paramédicales - agents de service hospitaliers - aides-soignants - aides à domicile
- De 2020 à 2024 période d'exploitation des données recueillies
- 95% des maladies professionnelles dans le secteur du sanitaire et médico-social sont liées à des troubles musculosquelettiques (INRS 2025)
- 220 jours durée moyenne d'arrêt de travail pour une lombalgie
- 194 000 questionnaires saisis dans la base Evrest depuis 2008
- 80 000 salariés concernés
Le postulat
Les troubles musculosquelettiques apparaissent souvent lorsque les exigences physiques du travail (port de charges, gestes répétés, postures pénibles) dépassent ce que le corps peut supporter au quotidien, et se manifestent par des douleurs ou gênes fonctionnelles qui touchent les muscles, les tendons, les articulations ou les nerfs, notamment au niveau du dos, du cou, des épaules ou des bras. Dans les cas les plus graves, les répercussions physiques et psychologiques de ces douleurs peuvent évoluer vers un véritable handicap, empêcher de travailler normalement et conduire à des arrêts longs, à des restrictions d’activité ou même à une perte d’emploi.
L’impact de ces maladies, identifiées comme le problème de santé d’origine professionnelle le plus répandu en Europe, est considérable, non seulement sur les travailleurs, mais aussi sur les entreprises et les collectivités.
Or le secteur du sanitaire et du médico-social est particulièrement concerné : en France, 95% des maladies professionnelles reconnues sont liées aux troubles musculosquelettiques, ce qui génère un taux d’absentéisme jusqu’à deux à trois fois supérieur à celui des autres secteurs et un coût très important pour les établissements et les organismes de protection sociale. Si plusieurs études ont mis en évidence les contraintes professionnelles particulièrement fortes chez les soignants, il est nécessaire d’aller plus loin pour mieux comprendre comment ces pressions fragilisent leur santé, et plus précisément comment leurs conditions de travail spécifiques contribuent à l’apparition ou à l’aggravation de ces troubles.
L'objet de la recherche
Prendre soin de nos soignants est une priorité. Ce travail vise à exploiter les données de l’observatoire national Evrest pour mieux comprendre les enjeux des TMS dans ces professions et ainsi contribuer à leur prévention.
L'équipe
Le consortium menant cette étude regroupe :
- Evrest, observatoire national de la santé au travail https://evrest.istnf.fr/page-0-0-0.html
- L’Institut de recherche et d’innovation biomédicale (IRIB)
- Le CHU Rouen Normandie
- L’Université de Rouen, responsable du traitement des données
- Docteur Ariane Leroyer, Maitre conférence des Universités Praticien Hospitalier, Université de Lille
- Professeur Laétitia Rollin, Professeur des Universités Praticien Hospitalier, Université de Rouen Normandie
Ce qui nous a convaincus
- Un sujet de haute importance au regard du retentissement des troubles musculosquelettiques chez les soignants
- L’approche comparative : replacer la situation des soignants dans le contexte plus large du monde du travail permet d’identifier clairement ce qui relève spécifiquement du secteur du soin
- Une perspective innovante dans la compréhension des troubles musculosquelettiques chez les soignants : l’analyse fine de l’imbrication entre pénibilité, organisation du travail et facteurs psychosociaux